Le scandale des organisations religieuses qui veulent guérir les homosexuels par des thérapies de conversion sexuelle forcée

thérapies de conversion

Ces thérapies de conversions, dites aussi « réparatrices ou de restauration » par leurs défenseurs, visent à changer, à « guérir » l’orientation sexuelle d’une personne. Les termes « thérapie » ou « guérison » sont en eux-mêmes trompeurs puisqu’ils laissent entendre que l’homosexualité serait une maladie, alors qu’elle n’est plus considérée comme telle depuis 1992. Les parlementaires allemands ont rappelé que ces thérapies pouvaient avoir des conséquences psychologiques graves. Qui sont ces défenseurs de programme de restauration ? :des organisations religieuses qui continuent à prospérer car certains gouvernements sont très lents à légiférer sur ce sujet. La   » Sexualité réconciliée », concept inventé par un activiste politique chrétien conservateur américain Andrew Comiskey, propose  encore des techniques de conditionnement psychologique, de façon plus ou moins cachée, pour guérir des penchants homosexuels. Les associations les plus connues qui  proposent ces thérapies en France sont Torrents de vie et Courage. Torrents de Vie est lui-même issu du groupe Exodus International aujourd’hui dissout. On trouve le détail du programme que proposait  « Torrents de vie », dans les années 2000  en lisant la revue Les cahiers de l’école pastorale décembre 2002,

Sur Arte TV , on peut visionner un remarquable documentaire, une enquête sidérante sur ces organisations religieuses qui prétendent « guérir » les personnes homosexuelles:

Électrochocs, lobotomies frontales, « thérapies » hormonales… : dans les années 1970, aux États-Unis, la dépsychiatrisation de l’homosexualité met progressivement fin à ces pratiques médicales inhumaines, tout en donnant naissance à des mouvements religieux qui prétendent « guérir » ce qu’elles considèrent comme un péché, une déviance inacceptable. Depuis, les plus actives de ces associations – les évangéliques d’Exodus ou les catholiques de Courage – ont essaimé sur tous les continents, à travers une logique de franchises. Bénéficiant d’une confortable notoriété aux États-Unis ou dans l’ultra catholique Pologne, ces réseaux œuvrent en toute discrétion en France et en Allemagne. Mais si les méthodes diffèrent, l’objectif reste identique : convertir les personnes homosexuelles à l’hétérosexualité ou, à défaut, les pousser à la continence. Comme Deb, fille d’évangélistes de l’Arkansas ouvertement homophobes, Jean-Michel Dunand, aujourd’hui animateur d’une communauté œcuménique homosensible et transgenre, a subi de traumatisantes séances d’exorcisme. De son côté, la Polonaise Ewa a été ballottée de messes de guérison en consultations chez un sexologue adepte des décharges électriques. Rongés par la honte et la culpabilité, tous ont souffert de séquelles psychiques graves : haine de soi, alcoolisme, dépression, tentation du suicide…

Étayée par le travail de deux jeunes journalistes, dont l’un s’est infiltré dans des mouvements français – des rencontres façon Alcooliques anonymes de Courage aux séminaires estivaux de Torrents de vie, avec transes collectives au menu –, cette enquête sur les « thérapies de conversion » donne la parole à des victimes de cinq pays. Leurs témoignages, à la fois rares et bouleversants, mettent en lumière les conséquences dévastatrices de pratiques qui s’apparentent à des dérives sectaires. « Nous avons affaire à une espèce de psychothérapie sauvage qui peut amener à la destruction de la personnalité », affirme ainsi Serge Blisko, ancien président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires).

En mars 2018, le Parlement européen a voté une résolution appelant les États membres à interdire ces prétendues thérapies. Malte a été le premier pays en Europe à légiférer sur le sujet. En 2020, le parlement allemand a voté l’interdiction des thérapies de conversion pour les personnes mineures et pour les adultes contraints, menacés ou manipulés. La peine désormais encourue est d’un an de prison et 30 000 euros d’amende. Afin de se mettre à l’abri des poursuites pénales, deux structures émanant du mouvement évangélique Torrents de Vie, la Confrérie du Chemin et l’Institut de pastorale et de conseil pour la restauration identitaire par le dialogue, ont décidé de quitter l’Allemagne et de s’installer en Suisse. La Suisse n’approuve pas les thérapies de conversion mais ne croit pas utile de légiférer. Elle estime que le cadre de déontologie auquel elles sont soumises est suffisant.

En France, à la fin de l’année 2019, deux députés ont préconisé de promulguer une loi spécifique contre ces « thérapies ».

La fondation Le Refuge, qui héberge et accompagne les jeunes rejetés par leurs proches, recense en moyenne trois appels par mois concernant ces thérapies.

Sources : Unadfi, Slate, 08.05.2020 & 360°, 21.05.2020

A lire aussi un article très complet sur le blog d’Anthony Flavier et un article du journal Le Monde par Mouna El Mokhtari (Novembre 2019)

Crédit photo: Arte

 

 

 

 

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